C’est à ces questions que sont confrontés Jacob et son père après la disparition de la mère. Le court métrage de 9 mn présenté samedi lors de la 36e séance du Cinéma de nuit de l’Institut français Léopold Sedar Senghor séduit par sa sobriété et la force des sentiments exprimés. Angèle Diabang, réalisatrice et productrice sénégalaise signe ainsi son retour au pays, après une année de formation à la production entre la Femis, école française de cinéma et l’école de cinéma de Berlin.
Jacob est l’histoire d’un jeune garçon de douze ans que la disparition de sa mère plonge dans la douleur. Face à son père qui essaie de surmonter son deuil par l’oubli, Jacob se rapproche à des objets : une piscine vide, une vidéo et une armoire remplie de vêtements. Le décor est campé et le film réussit la prouesse de plonger, dès les premières images, le spectateur au cœur du drame que vivent Jacob et son père. Très dépouillé dans ses décors comme dans la parole, le film est un huis-clos poignant où la douleur happe le spectateur et l’entraîne dans ses méandres.
Et pourtant, ce script n’était pas le premier choix de Angèle Diabang. «Je ne l’aimais pas au départ parce que le scenario était trop enfermé», souligne-t-elle avant d’expliquer que tous les scénarii proposés à sa promotion tournaient autour du thème En retard. Mais peu à peu, le deuxième choix s’est imposé. A force d’engagement et de travail avec le réalisateur Benjamin Moritz Gronau et le scénariste, un joyau a émergé. Angèle avoue ainsi avoir surtout buté sur un point : «La douleur très difficile à montrer et à mettre en image.» Mais Jacob, tourné en 35 mm réussit sans conteste ce pari et le public du Ccf ne s’y est pas trompé.
L’autre film au programme, Tèt Grenné dépeint sans artifice la Guadeloupe d’aujourd’hui avec ses luttes de classes, ses inégalités sociales et ses marginaux. Tèt Grenné est le nom d’un terrain vague des vieux quartiers de Pointe-à-Pitre. C’est là que vivent Roland, Muriel et Richard dans des bus.