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Samba Talli • La Chronique de Abdallah FAYE : Etats-généraux de la circulation routière ?



Samba Talli • La Chronique de Abdallah FAYE : Etats-généraux de la circulation routière ?

Allons, donc...

Tu ne crois pas y aller un peu trop fort, Tante Ndèb ? Des Etats-généraux de la circulation routière ? Je me demande, des fois, où ma très chère grande tante Ndèb va pêcher toutes ses trouvailles !...

Arc-boutée sur son idée du jour, elle n’en démord pas, alors pas du tout.

Quand elle décide de se transformer en porte-parole de ses certitudes, ce petit bout de femme fait, à bon escient, je le confesse, feu de tout bois. Tout y passe, y compris les prises de positions qu’Untel ou quelqu’un d’autre avait eues, en son temps. Sa « machine à remonter » le temps est redoutable. Dans le registre des rappels, elle n’a pas « son deux ! », comme aime à le répéter mon ami de « derrière la clôture »...

« Mais, fiston, je m’étonne de te voir...t’étonner ! Tu as oublié ta rage secrète lorsque tu es revenu de l’intérieur du pays et que tu t’es fendu d’une colère sourde en me narrant ton odyssée » ?

Oui, mais je ne vois pas le rapport, presque un mois après cette conversation...J’ai beau me creuser les méninges, mais aucune bribe de souvenir d’un quelconque échange ultérieur avec ma tante sur le sujet...Subitement, Euréka !

En fait, le prétexte pour que Tante Ndèb embraye sur le sujet - que je croyais naïvement épuisé - lui a été servi sur un plateau lorsque le Premier ministre français, François Fillon, a dévoilé, au cours du conseil interministériel du mois dernier, les 14 mesures édictées en vue de renforcer la sécurité routière en France. Mais oui, c’est bien cela...

Les mesures en question visaient, entre autres objectifs, à faire baisser le nombre de morts sur les routes françaises. Il avait, en effet, été constaté que le chiffre avait stagné en 2009 après plusieurs années de baisse : juste 4.262 tués l’année dernière ! Mais, il faut aller plus loin pour atteindre l’objectif de faire passer le nombre de décès dus aux accidents de la route sous la barre des 3.000 morts, à...l’horizon 2012 ! Et comme les infractions au code de la route sont la cause de 9 accidents mortels sur 10, les mesures sont articulées autour de la prévention et de la répression des graves infractions routières. Suit tout un arsenal de mesures draconiennes en vue de parvenir à la réduction drastique des accidents de la circulation...

Ah, j’y vois maintenant plus clair : au final, elle n’est si bête que cela, l’idée de Tante Ndèb d’organiser ces Etats-généraux. Si l’on tient compte de tout ce que nous voyons à longueur d’années, de mois, de semaines, de jours et d’heures passés sur nos routes.

Le bilan est peu reluisant, à y regarder de plus près : environ 400 morts et 2.100 blessés, chaque année, sur les routes sénégalaises, rapportés à l’échelle africaine au 1,2 million de tués et aux 50 millions qui s’en sortent avec des blessures plus ou moins graves, selon le bilan 2004 de l’Organisation mondiale de la Santé !

« A la lumière des accidents mortels, enregistrés à l’occasion de certains évènements, surtout religieux, je ne serais pas contre un net renforcement des sanctions pécuniaires, pénales et...disons « techniques », comme l’application de points au permis de conduire, comme cela se fait en France, entre autre. Je me souviens que le ministre des Transports de l’époque expliquait que la plupart des accidents de la route, constatés au Sénégal, « étaient la conséquence d’une réelle délinquance sur la route ». Et comme face à toute délinquance il faut sévir, pourquoi ne renforcerions-nous pas notre arsenal répressif afin de rendre nos routes plus sûres, à l’instar de ce qui se fait ailleurs ?... »

Elle a raison d’imaginer mille et une solutions, Tante Ndèb, parce que la progression des accidents mortels est fulgurante. Juste un chiffre : en 1990, les accidents de la circulation se situaient à la 9ème place s’agissant des causes de mortalité, au Sénégal ; et à l’horizon 2020, ils se hisseront, en quatrième vitesse si l’on ose dire, sur la troisième marche du podium !

De quoi s’inquiéter, valablement, n’est-ce pas ?

Des mesures avaient été prises, concernant les transports en commun : l’âge minimum pour l’obtention du permis de conduire pour ces types de véhicules et les poids lourds avait été allongé, passant, tenez-vous bien, de 21 à 22 ans !...Il avait, en outre, été décidé que lorsqu’un candidat était ajourné lors de l’examen, le temps d’attente serait allongé, en conséquence. Pour lui permettre de réviser davantage son Code de la route ? Faut le croire.

« A 21-22 ans, je crois que l’on peut être dans les conditions de conduire une voiture particulière, estime Tante Ndèb, mais pour transporter de 7 à 65 personnes, est-ce l’âge de la maturité qui sied ?... »

A en croire ma Spécialiste-en-presque-tout (ne le lui répétez surtout pas !), la recrudescence des accidents mortels sur nos routes - dont certaines portions sont dangereusement mal en point - sont le fruit de la désinvolture de jeunes conducteurs au volant de bus qui n’ont rien à envier aux petites voitures, question maniabilité et facilité de conduite. Ce qui explique cette désinvolture...assassine.

Là, encore, je crois que Tante Ndèb, sans avoir tout à fait raison, n’a pas...entièrement tort ! Salomon, au secours !

Vendredi 5 Mars 2010 - 10:04
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