AFP - La police a ouvert le feu mercredi à Maputo sur des manifestants qui protestaient contre la vie chère, tuant plusieurs personnes et en blessant des dizaines dans les rues de la capitale mozambicaine, en proie à des pillages.
Différents bilans font état de trois à six morts, tombés sous les balles des forces de l'ordre. Une porte-parole de la police, Silvia Mahumane, s'est refusée à toute information. "Nous surveillons la situation", a-t-elle seulement déclaré.
Selon le parti d'opposition Renamo, qui ne précisait pas ses sources, six personnes ont été tuées. Les équipes d'intervention de la Croix rouge ont quant a elles recensé trois morts et 15 blessés, selon le porte-parole de l'organisme, Americo Ubisse.
Le directeur des services d'urgences à l'hôpital central de Maputo, Antonio Assis da Costa, a décompté 42 blessés dans les échauffourées, admis dans l'établissement. "23 personnes ont été blessées par balles" et "une est décédée à l'hôpital", a-t-il précisé à l'AFP.
Un correspondant de l'AFP a constaté la mort d'un garçon de 12 ans, tué par les tirs de la police, selon un témoin. L'enfant gisait dans une mare de sang, son sac d'école ouvert laissant apparaître un livre de classe.
Le garçon regardait la foule, des milliers de personnes en train de manifester en chantant et dansant, lorsqu'il a été atteint par une balle à l'arrière du crâne, a raconté un témoin, Eunici Antonia Kiove, 18 ans.
"Nous l'avons tous vu", a-t-il ajouté. "Nous voulons que justice soit faite!"
Les violences ont éclaté au moment où des milliers de personnes étaient descendues dans les rues des faubourgs pauvres de la capitale pour protester contre la hausse des prix du pétrole, du blé, du pain, de l'eau et de l'électricité.
Des manifestants ont bloqué, à l'aide de pneus enflammés, les routes principales conduisant à l'aéroport et à la plus grande banlieue de Maputo, Matola. Parmi eux figuraient de nombreux adolescents revêtus de leurs uniformes d'écolier.
Petit à petit, le chaos s'est emparé de la capitale, où vivent un million d'habitants. Magasins et stations-service ont été attaqués par des pillards tandis que les manifestants mettaient le feu à des voitures, selon le correspondant de l'AFP.
Le ministre mozambicain de l'Intérieur, Jose Pacheco, s'est élevé à la télévision nationale contre les "criminels et hors-la-loi", qui ont manifesté à la suite d'appels multiples relayés par SMS.
Tout en condamnant les pillages, le porte-parole de la Renamo, Fernando Mazanga, a dénoncé un "gouvernement qui ne sait répondre aux manifestations que par la violence."
Le Mozambique, dévasté par la longue guerre civile (1976-1992) qui a suivi le conflit armé pour l'indépendance, connaît une misère alarmante avec 65% de ses 20 millions d'habitants vivant sous le seuil de pauvreté.
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