humanite.fr - Pourquoi le Sahel est dans le collimateur occidentalFin juillet, Paris décidait d’intervenir au nord du Mali pour libérer Michel Germaneau, otage d’al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi, ex-GSPC). Cette opération militaire constituait la première intervention d’une grande puissance occidentale au Sahel. Pour les djihadistes, qui n’en attendaient pas tant, cette première ingérence était doublement positive.
Pour Aqmi, qui s’est de tout temps inscrite dans la logique d’un « combat contre
les croisés », cela justifie son djihad contre le « grand Satan » et légitime, par contrecoup, son discours accusant les régimes de la région d’être des suppôts
de « l’Occident chrétien » ! Aussi Aqmi, qui a qualifié dans son dernier communiqué daté du 16 août Nicolas Sarkozy « d’ennemi de Dieu » et déclaré que les djihadistes ne « resteront jamais tranquilles tant que le sang français n’aura pas été versé », ne demandait pas mieux que Paris s’implique militairement de façon durable au Sahel. De son côté, pour des raisons
de politique interne mais aussi parce que Paris considère le Sahel comme sa profondeur stratégique, l’Élysée
a certainement exagéré l’ampleur de la menace terroriste sur cette région et à partir de celle-ci vers l’Europe.
Cet immense territoire, riche en minerais naturels (pétrole, gaz, or, uranium), donc très convoité, est de plus en plus perçu comme une sorte d’entité autonome échappant, selon Antonio Camacho, secrétaire d’État espagnol à la Sécurité, au contrôle des gouvernements de la région. Le 17 janvier dernier à Tolède (Espagne), Camacho a été au centre d’une réunion informelle des responsables de la sécurité des pays membres de l’UE et des États-Unis. Ces derniers, qui s’intéressent aussi depuis plusieurs années à la région, ont créé l’Africom, commandement américain unifié pour l’Afrique. Cette sorte d’Otan africain a pour but de coordonner les activités militaires et sécuritaires des États-Unis en Afrique. Washington, qui a envoyé plusieurs délégations militaires de haut rang au Maghreb, se fait insistant pour convaincre Alger d’abriter le siège de l’Africom ! Une chose est sûre, à l’instar des exemples afghan et irakien, une intervention militaire occidentale n’a jamais ramené la stabilité escomptée. C’est tout le contraire qui se produit, la vraie clé de l’affaire étant une présence occidentale durable pour « sécuriser » des sources d’approvisionnement énergétiques. Hassane Zerrouky http://www.humanite.fr/23_08_2010-pourquoi-le-sahel-est-dans-le-collimateur-occidental-451893 Mardi 24 Août 2010 - 17:00
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