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jeuneafrique.com - BURKINA FASO : Compaoré, la voie royale


Pas de surprise. Le président sera candidat à sa propre succession, le 21 novembre. La victoire semble acquise. La question est déjà de savoir si la Constitution sera modifiée pour lui permettre de se représenter dans cinq ans.



jeuneafrique.com -  BURKINA FASO : Compaoré, la voie royale
« Franchement, ils avaient vraiment besoin de tout ça ? » Comme d’autres à Ouagadougou, Samuel reste sceptique, dans son taxi, devant le show proposé par la mouvance présidentielle le 21 août. Ce jour-là, au Palais des sports de Ouaga 2000, il y avait tout le gratin et bien plus encore – tous en tenue des grands soirs – pour assister à l’investiture officielle de Blaise Compaoré en tant que candidat à sa propre succession : les femmes, les jeunes, les anciens, les entrepreneurs et, bien sûr, les trois partis qui soutiennent le président (le Congrès pour la démocratie et le progrès, CDP ; l’Alliance pour la démocratie et la fédération/Rassemblement démocratique africain, ADF/RDA ; l’Alliance des partis et formations politiques de la mouvance présidentielle, AMP). Un « plein succès », selon le CDP, qui avait vu les choses en grand. « À croire que c’était l’événement de l’année ! » raille Samuel.

« Dans la rue, les gens se disent qu’une telle démonstration de force était inutile, et dans les campagnes, ils ont d’autres préoccupations », admet un cadre du CDP, le parti de Compaoré.

Il faut dire que le résultat du prochain scrutin présidentiel, le 21 novembre, ne fait guère de doute. Le seul suspense réside dans le taux de participation et dans le score que réalisera Blaise Compaoré : fera-t-il mieux que les 80,3 % obtenus en 2005 ?

« L’élection est jouée d’avance », reconnaît-on dans les états-majors des partis. De Bénéwendé Sankara, le chef de file de l’opposition et président de l’Union pour la renaissance/Parti sankariste (Unir/PS), à Zéphirin Diabré, l’ancien conseiller du président et directeur Afrique et Moyen-Orient d’Areva, qui a fondé, en mars dernier, l’Union pour le progrès et le changement (UPC), aucun des candidats déclarés ou présumés n’espère vraiment l’emporter. « Il n’y a pas de suspense parce que nous sommes face à un parti-État », accuse Bénéwendé Sankara. « Le parti au pouvoir compte 90 % des députés, il contrôle l’administration, l’armée et l’économie. » Même les chefs traditionnels sont, globalement, dans le camp du président.

« Pas d’adversaire à sa mesure »

Dans les rangs du CDP, on rétorque que Compaoré n’a tout simplement « pas d’adversaire à sa mesure » parmi la petite dizaine de candidats déclarés. Même les plus farouches opposants en conviennent : « Il y a plus de 150 partis dans ce pays, et la société civile n’est pas structurée. L’alternance est impossible », se désole Alidou Ouédraogo, le leader du Collectif contre l’impunité.


En attendant que le président-candidat dévoile son programme de campagne, ses partisans défendent son bilan avec enthousiasme. Outre l’éternel argument de « la stabilité » et de « la paix », ils mettent en avant les bons résultats économiques : une croissance supérieure à 3 % chaque année ; la relance de la production agricole ; le boom du secteur minier… Ils louent également les mesures sociales prises après les « émeutes de la faim » de 2008, la réforme administrative censée rationaliser les dépenses publiques, les investissements engagés pour construire des routes et des hôpitaux et la lutte contre la corruption. « C’est un grand chantier. On a énormément progressé depuis 2006 », assure Cyriaque Paré, le directeur de la communication du Premier ministre, Tertius Zongo.

Depuis sa nomination en 2007, ce dernier a fait sa place. Selon un observateur indépendant, qui évoque un Premier ministre « relativement autonome », Zongo a réussi à s’imposer, malgré l’animosité d’un certain nombre de conseillers du président. « Avec Blaise, ils se sont partagé les tâches : à Zongo la gestion des affaires courantes, la réforme administrative, la lutte contre la corruption, etc. ; à Blaise l’action diplomatique et les médiations internationales en Côte d’Ivoire, en Guinée et avec Al-Qaïda au Maghreb islamique. »

Inopportun

À l’approche de l’élection, les critiques se font nombreuses. Selon l’opposition, la corruption est de plus en plus prégnante, la misère toujours omniprésente. « Dans l’accès des populations aux besoins de base comme l’éducation, la santé, l’alimentation, la situation ne s’améliore pas. Nous sommes réputés être le pays des hommes intègres, mais des épisodes montrent que cette patrie compte en son sein des hommes de moins en moins intègres », fustige Zéphirin Diabré. Du côté des forces sociales, on dénonce « un pouvoir d’achat qui dégringole depuis des années ».

Malgré tout, les attaques des opposants sont mesurées. « Nous n’avons pas une appréciation totalement négative de l’action du gouvernement. Ce régime, comme les précédents, mène des actions positives », convient Diabré. Sankara évoque pour sa part des avancées, et notamment « la diplomatie active » du président. On a vu opposition plus virulente.

Comme un symbole de l’absence de suspense pour cette élection, la vraie question qui fâche renvoie… à 2015. Début août, le CDP s’est prononcé en faveur de la levée de la limitation du nombre des mandats présidentiels – une modification de la Constitution qui permettrait à Compaoré, 59 ans, de se présenter ad vitam æternam. L’hypothèse inquiète l’opposition et ne fait pas l’unanimité au sein même de la mouvance présidentielle. « Si Blaise reste après 2015, on peut s’attendre à une explosion sociale », affirme un cadre du CDP. « La question a été abordée bien trop tôt », estime un ancien ministre : « On n’a même pas passé ce scrutin qu’on parle du suivant ! C’est inopportun. Déjà qu’il y a peu d’inscrits sur les listes [3,3 millions d’électeurs pour une population totale de 15,2 millions d’habitants, NDLR], ce n’est pas comme ça que nous convaincrons les gens d’aller voter. »

http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAJA2590p032-033.xml0/-diplomatie-alimentation-agriculture-campagne-compaore-la-voie-royale.html

Lundi 6 Septembre 2010 - 09:28
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1.Posté par Zerbinhio le 06/09/2010 11:12
A quand la vérité sur le meurtre de Thomas sankara?

2.Posté par L'Homme Fort le 06/09/2010 12:07
L'assassinat de sankara nous a retarde de 50 ans dans notre developpement,tue par les neocolonialistes et leurs valets africains,il ya pas plus grand que lui en Afrique.

3.Posté par M. Nakoulima le 06/09/2010 12:16
Moi je me demande pourquoi la France est citée dans tous les sales coups au monde. Soit c'est l'État français qui est accusé, soit c'est un français qui est pris en otage quelque part dans le monde. Ils se croient tous permis ces Français, donneurs de leçons.

Que ce soit un Américain, un Polonais, les européens se foutent des africains. Même les timides asiatiques commencent à comprendre que l'Afrique n'est bonne que pour être exploitée et pillée. Les arabes aussi que l'on croire être des frères sont pires.

L'homme africain ne sera pas pris en compte tant les africains eux-même ne se respectent pas. Les africains ont toujours été en connivence avec le blanc pour éliminer son frère.

4.Posté par M. Nakoulima le 06/09/2010 12:17
Blaise Compaoré n'est pas intègre. Il n'a que nous édifier sur la mort de Thomas.

5.Posté par Boytoubab le 06/09/2010 19:56
Nakoulima ton analyse est très juste:Pour les arabes, les africains sont des "chiens d'esclaves" comme le confirment les récents propos de Khadafi!
Pour les chinois c'est un marche pour ecouler les contrefaçons et produits de mauvaises qualités refuses aux frontières des pays développes
Pour les européens l'Afrique est un lieu de neo-colonisation économique et de survivances de gloire passée

6.Posté par Justice pour sankara le 07/09/2010 09:22
Oui bien sur, il faut faire la lumière complète sur l'assassinat de Sankara et les implications étrangères.
Nous avons lancé une pétition "justice pour sankara, justice pour l'afrique" à l'adresse http://www.thomassankara.net/spip.php?article866. Allez signer...
extrait :

"Nous demandons l’ouverture des archives des pays que les témoignages désignent comme impliqués à savoir principalement la France, les USA, mais aussi la Côte d’Ivoire, le Togo et la Libye.

Nous demandons que s’engage sans tarder, une enquête indépendante sur l’assassinat de Thomas Sankara. Ceci est un devoir pour la communauté internationale, un droit pour la famille Sankara, une exigence pour la jeunesse d’Afrique, une nécessité pour l’avenir de ce continent qui ne saurait se construire avec une histoire amputée de la vérité sur un des épisodes majeurs de la fin du 20eme siècle.
"
http://www.thomassankara.net/spip.php?article866

7.Posté par nighan le 13/09/2010 10:45
ecoutez, ça suffit avec sankara ! si c'était sankara qui était vivant, blaise serait mort aujourd'hui car c'était une guerre entre deux révolutionnaires qui n'ont pas fait le bonheur du peuple burkinabé qui en cinq ans de révolution n'a pas obtenu l'autosuffisance alimentaire promise et surtout connu le sang et l'absence de liberté. Mais je dis qu'aujourd'hui, les opposants ne doivent pas aller accompagner blaise pour une élection bidouillée qui légitimera blaise et la révision de son article 37. merci

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Publié par ©++ Dakaronline.net le 16/12/2011 à 10:12 | 0 Commentaire



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