Décidément, ce ne sont pas seulement ses abonnés qui étouffent de rage contre elle. La Senelec a mis ses agents, notamment les membres de la Convergence des Syndicats des travailleurs, dans une colère noire. Au point que le port de brassards rouges a été initié, hier, dans de nombreuses agences de la capitale. Motif de ce mouvement d’humeur : « les travailleurs sont habités par des sentiments d’inquiétude, de malaise et d’absence de motivation. Car les locaux sont inadaptés, les conditions désastreuses, les moyens inexistants et les matériels de travail désuets », affirment-ils. Mais si on en est arrivé à ce stade, expliquent les mécontents, c’est lié à une vision de politique commerciale qui n’est pas articulée clairement sur un accord commun sur les fondamentaux de ladite politique, un statut du personnel commercial bien pensé, ainsi qu’une organisation du système avec des structures qui favorisent un déroulement de carrière.
Ce n’est pas tout, parce que, selon la Convergence des Syndicats, cette absence d’articulation de politique commerciale se traduit également par un manque d’équité par rapport aux autres directions, d’une protection des commerciaux face aux risques ou tentatives de corruption et d’une formation totale sur les métiers Senelec, sur les procédures et pratiques commerciales. Et à les en croire, si rien n’est fait pour redresser la pente, « cet état de fait, loin de militer en faveur de la Société, le dessert dangereusement et hypothèque son devenir ». D’autant que, soulignent les agents, « la Dcc ne doit pas fonctionner au rythme de plans d’urgence récurrents adossés sur des prestataires, des stages payants, des bénévoles et des locations de véhicules aux coûts exorbitants ».
Pire, estiment-ils, « même si elle fait recours à l’externalisation de certaines activités, il importe d’opter pour un choix judicieux et un encadrement pour sécuriser ses installations, sa clientèle, ses agents, son patrimoine et son image ». Résultat, soutiennent-ils, « nos déroulements de carrière et notre outil de travail sont menacés par des choix et politiques inadaptés ». C’est pourquoi, ils condamnent « jusqu’à la dernière énergie toutes les tentatives de saupoudrage à l’occasion de concours orientés, à l’image de celui qui vient d’être lancé. Nous appelons les autorités à prendre toutes leurs responsabilités en cas de forfaiture ».
Aussi, déclarent-ils à qui veut les entendre que les exigences de l’heure restent inhérentes à une réorganisation de la Dcc et une mise en place d’une politique cohérente et pérenne, le tout s’appuyant sur un personnel motivé et engagé pour des résultats challengés.
Daouda THIAM
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