Partager Partager

lasquotidien.info - « Il y a même des risques que bientôt le Sénégal et la Cote d’Ivoire ne puissent plus s’appeler au téléphone »

GAIDY NDAW, DIRECTEUR COMMERCIAL DE SONATEL SUR L’ARRIVEE DE GLOBAL VOICE


En énumérant les conséquences que va entrainer l’arrivée de Global Voice dans notre pays, le directeur commercial de Sonatel parle, dans cette deuxième et dernière partie de l’entretien qu’il nous a accordé, des risques qui vont intervenir dans la sous-région. Si la machine n’est pas arrêtée, alerte Gaïdy Ndaw, il y a des risques que le Sénégal et la Cote d’Ivoire ne puissent plus communiquer au téléphone. En outre, il invite l’Artp et Global Voice à publier leurs rapports financiers pour faire gage de transparence.



lasquotidien.info -  « Il y a même des risques que bientôt le Sénégal et la Cote d’Ivoire ne puissent plus s’appeler au téléphone »
L’As : Selon certaines informations, la Sonatel détiendrait des dossiers compromettants contre Global Voice et certaines autorités de l’Etat et compte s’en servir comme un outil de pression ?

Personnellement, je ne suis pas au courant de cela ! Et quiconque connaît la moralité des dirigeants de Sonatel, en commençant par celle du Directeur général, quiconque connaît notre éthique, quiconque connaît notre déontologie, quiconque connaît les valeurs avec lesquelles l’entreprise a été gérée depuis 1985 et même bien avant, sait que de telles pratiques ne sont pas les nôtres. Mais encore une fois, je ne suis pas au courant de ces faits. D’ailleurs, nous n’avons pas besoin de cela pour faire comprendre au président de la République que l’intérêt général serait plutôt dans une autre formule.

Où en êtes-vous avec les deux requêtes que vous aviez introduites au niveau de la Cour Suprême, pour un sursis à exécution du décret et pour abus de pouvoir ?

C’est toujours en cours. Ça a été introduit et c’est toujours en cours. Cela aurait été une faute de gestion de ne pas le faire. Je pense que toute entreprise bien gérée, lorsqu’elle estime, arguments à l’appui, être victime de décisions illégales, commettrait une faute de gestion que de ne pas se défendre.

Et quelle suite a été réservée à la procédure que vous avec introduite devant l’Autorité de régulation des marchés publics (Armp) pour attaquer l’Artp dans la passation du marché à Global Voice ?

Elle suit son cours. Nous sommes toujours dans l’attente. Le directeur général de l’Artp a dit que l’Armp et la Dmcp ont vu et avalisé ce marché-là, nous aimerions bien savoir ce qu’il en est réellement. Comme c’est un contrat public, il serait bien, s’il existe et s’il est signé, qu’il soit rendu public afin de confirmer déjà l’appel à la transparence qui est fait. Il s’agira également de confirmer à tout le monde que c’est bien l’intérêt du Sénégal qui est préservé comme cela a été dit par les promoteurs de cette décision. Quand on appelle à la transparence, il faut d’abord montrer un exemple de transparence. Il serait intéressant, comme gage de transparence, que l’Artp et même Global Voice publient leurs rapports financiers, au moins sur les deux ou les trois exercices, pour dire : « voilà nous qui, aujourd’hui, accusons Sonatel de fraude, faisons gage de transparence et publions nos rapports financiers, pour montrer que nous gérons bien les sociétés qui sont les nôtres ». A vrai dire, j’ai fait un petit tour sur internet, mais ni sur le site de l’Artp, ni sur le site de Global Voice, on ne voit de rapports financiers. En tout cas, lorsque vous allez sur le site internet de Sonatel, vous voyez les rapports financiers depuis des années. Et quiconque demande le rapport financier de Sonatel, on le lui donne. On en imprime des centaines et des milliers chaque année, et c’est à la disposition de tout citoyen qui souhaite y avoir accès. Je souhaite donc qu’il y ait l’exemplarité dans la transparence, à l’Artp et à Global Voice.

Avec l’introduction de la portabilité au Sénégal, vous conviendrez avec nous que Global Voice va révolutionner le secteur des télécom

La portabilité est un service entre opérateurs qui ont une licence. Déjà, un opérateur qui n’a pas de licence ne peut parler de portabilité. La portabilité est une affaire d’opérateurs qui ont une licence. La portabilité, on en parle depuis des années. C’est un sujet qui a documenté beaucoup de revues, de thèses, d’articles. Sauf qu’elle n’a pas eu un grand succès dans le monde des télécommunications. Donc, nous ne pensons pas que ce soit opportun de l’introduire ici au Sénégal, d’autant plus que c’est très coûteux et très complexe à mettre en œuvre. Et je sais de quoi je parle, puisque je suis ingénieur télécom, même si je suis directeur commercial. J’ai fait dans cette boîte une carrière de 12 ans dont près de dix dans la technique, donc je sais de quoi je parle.

Tout récemment, le président de la République a émis le souhait de nationaliser la Sonatel. Qu’en pensez-vous ?

Encore faudrait-il qu’on comprenne ce qu’il a voulu dire par nationaliser parce que l’Etat est quand même toujours actionnaire à hauteur de 27% de Sonatel. Il y a aussi beaucoup de Sénégalais qui sont actionnaires de Sonatel. Lorsque le mot « nationaliser » sera défini par le président de la République, s’il souhaite l’avis de la direction générale de Sonatel, il sera donné à ce moment-là.

Mais l’actionnaire majoritaire reste toujours France Telecom ?

C’est le cas. Aujourd’hui, France Telecom est bien actionnaire à hauteur de 44%

Votre dernier mot

Premièrement, les Sénégalais de la diaspora sont très mécontents de cette décision, parce qu’ils subissent aujourd’hui cette augmentation des tarifs. Deuxièmement, les Sénégalais qui vivent ici au Sénégal vont bientôt en subir les conséquences. Troisièmement, les pays de la sous-région également sont mécontents de cette décision. Sachez qu’il y a même des risques que bientôt le Sénégal et la Côte d’Ivoire ne puissent plus s’appeler au téléphone. Donc mon dernier mot est le suivant : il faut arrêter l’hémorragie. Nous demandons que cette décision-là soit revue et qu’une concertation soit ouverte avec l’ensemble des acteurs pour que la meilleure décision soit prise pour l’intérêt général ; et j’insiste pour l’intérêt général.

Entretien réalisé par Hawa BOUSSO

http://www.lasquotidien.info/spip.php?article5621

Lundi 6 Septembre 2010 - 14:00
Lu 2362 fois


1.Posté par Perplexus le 06/09/2010 14:28
C'est une bonne chose que de soutenir la sonatel mais en retour elle doit revoir sa politique de facturation et surtout mettre fin à sa pratique mise en place pour imposer aux consommateurs l'utilisation de leurs credits telephonique.Une façon de s'enrichir sur le dos des consommateurs.

2.Posté par Victor Vicky Gueye le 06/09/2010 14:31
Quelle association pour la défense des propriétaires de télécentre ? Ces derniers que la SONATEL a fait travailler comme des esclaves en leur faisant miroiter des lendemains juteux, alors qu'il n'en est de rien par la suite, peinent à récupérer leurs cautions et n'ont quasiment personne pour leur défense. A Dakar, la caution était de 500 000 f cfa et de 300 000 f cfa dans les régions. Lorsque vous rapportez ces montants au nombre de télécentres ouverts dans tout le pays, vous arrivez facilement à une somme colossale, somme fructiée par la SONATEL dans les banques à son profit! C'est scandaleux que les propriétaires de télécentre ne soient pas toujours remboursés. C'est scandaleux que les médias sénégalais ne dénoncent pas ce problème, frileux qu'ils sont de devoir payer des arrières de facture à la SONATEL et d'être privés de publicité. Quelle injustice! C'est du Vol!

3.Posté par bathie le 06/09/2010 14:39
L'argent des telecentres a ETE reversÉ A LA CAISSE DE DEPOT DU SENEGAL DEPUIS BELLE LURETTE.

IL FAUT ARRETER DE DIRE N,IMPORTE QUOI.

EN TOUT CAS NOUS IMMIGRES , NOUS PAYONS TRES CHERS LE TELEPHONE DEPUIS L,AFFAIRE DE GLOBAL VOICE.

4.Posté par L'intelligent le 06/09/2010 15:40
Pour les émigrés qui payent très cher le téléphone - cartes prépayées -, il faut savoir que ce sont les opérateurs de réseau ( Sonatel, France Télécom, ...) qui font de la vente de trafic en gros qui sont les premiers fournisseurs dans la chaîne de commercialisation... On comprend aisément comment le prix des cartes a pu bondir dès l'éclatement de cette affaire : ce sont les seuls à maitriser ce secteur du marché.

Nouveau commentaire :
B i u  QUOTE  URL





 

Vidéo à la Une
vidéo - Rama Yade radiée des listes électorales de Colombes
Publié par ©++ Dakaronline.net le 16/12/2011 à 10:12 | 0 Commentaire



DERNIERS COMMENTAIRES