En accordant un entretien au journal Le Quotidien, la semaine dernière, Hélène Della Chaupin, la sœur du journaliste Souleymane Jules Diop ne s’imaginait pas que cela allait se transformer en une histoire de famille.
Et pourtant, c’est ce qui se passe aujourd’hui. Retour en arrière : dans cet entretien, la chargée de communication des femmes de l’Afp en France se félicitait de la loi sur la parité votée par l’Assemblée nationale. «Moi, je ne peux que saluer le vote de cette loi, et c’est une très grande avancée dans le combat des femmes. Wade a fait quelque chose de très positif. Je m’oppose au régime libéral et à ses pratiques, mais il faut quand même saluer certains de ses actes positifs, notamment à l’endroit des femmes. Je citerai entre autres l’intégration des femmes dans l’Armée et cette loi sur la parité (…) Je crois quand même que Wade a une vision avancée de la place de la femme dans la société.» Plus loin, elle ajoutait : «Mais à chaque fois qu’il (son frère, Souleymane Jules Diop, Ndlr) s’en est pris à Sindiély, j’ai ressenti une profonde tristesse au fond de moi. Il doit laisser Sin dié ly tranquille.
Nous avons nos coutumes et nos réalités qui font qu’on ne s’en prend pas comme çà à une femme. C’est très mal vu. Jules a reçu une éducation casamançaise de base très stricte où la place de la femme est sacrée. L’engagement et l’éloignement ne doivent pas lui faire oublier cela.» Ces propos d’une sœur engagée sur le terrain politique n’ont pas été du goût de son frère dont l’aversion pour la famille Wade est connue de tous. Et c’est par voie de presse que Jules Diop a commencé à régler ses comptes à sa sœur, à sa famille. Dans son émission hebdomadaire sur Sénéweb (Deug-Deug), il a laissé entendre qu’il résistait farouchement à sa famille qui se serait laissé corrompre par les Wade. Des propos que Hélène Della Chaupin a pris pour elle. Ainsi, aussitôt l’émission terminée, elle appelle de Paris où elle réside son frère chroniqueur pour «discuter» avec lui. Réponse de Jules Diop : «Je n’ai rien à te dire. Tu aurais dû me parler avant d’aller parler à la presse.» Hélène Della Chaupin : «Mais, je n’ai pas dit du mal de toi, au contraire». «Moi, je ne t’autorise pas à parler de mes relations avec la famille Wade», crie Jules Diop. «Je suis une femme intellectuelle et politique ; je n’ai pas besoin de ton autorisation pour parler à la presse ou donner mon point de vue», ré pli que sa sœur. Et le frère de me nacer : «Khadiouma si yow, maa la eupp bopp (traduction : Je ne suis pas ton égal ; je suis plus intelligent que toi). Je peux te faire du mal à partir d’ici (Canada, ndlr).» Puis, il raccroche Hélène au nez. Qui rappelle, pour entendre son frère l’accuser : «Je sais que c’est Karim Wade et Sindély qui t’ont payée pour m’attaquer. Et d’ailleurs combien tu as donné au journaliste qui t’a fait cette interview ?» Colère noire de Hélène : «Moi, je ne suis pas une prostituée intellectuelle. Ce n’est pas parce que tu es payé pour insulter les gens que moi je le ferai.» Et le ton monte d’un cran, puisque Hélène Della confie que son frère l’a ensuite insultée de mère, injures auxquelles elle a répliqué.
UNE VIEILLE HISTOIRE DE FAMILLE
Très traumatisée par cette affaire, la militante de l’Afp assure que son frère est en train de salir son nom dans tous ses réseaux. Mais elle de man de à ce dernier «d’ouvrir les yeux, qu’il sache que Wade est son Président et celui de tous les Sé né galais». Au bord des larmes, Hélène veut aujourd’hui que «tout le monde sache comment vit son frère. Il ne travaille pas. Ce sont des gens du régime qui sont contre Karim qui lui envoient de l’argent. Ils le font par Westen union, par personnes intermédiaires. Il n’y a pas longtemps une grosse somme lui a été envoyée à mon nom d’épouse, avant que je ne la lui transmette. C’est cela son fonds de roulement. Ces gens sont à la fois ses sources d’informations et financières». Autre révélation : «Mon frère a une mainmise sur Seneweb : c’est lui qui rédige certains articles, qui s’auto-interviewe. Il ne dort pas, il passe son temps à commenter ses articles en disant tantôt du bien tantôt du mal de lui. Moi, par exemple tous mes articles sont censurés.»
Mais comment en est-on arrivé là ? Il faut dire que c’est une vieille querelle de famille qui est en train de resurgir. En effet, selon nos informations, Souleymane Jules Diop et Hélène Della Chaupin sont de même père, un Français installé au Sénégal depuis des lustres. Une histoire de jalousie entre leurs mères respectives s’est répercutée sur les relations entre les enfants. Ce que Hélène Ndella Chaupin confirme en con fiant que son frère Jules Diop n’a ja mais voulu qu’elle «perce» publiquement, en lui déconseillant no tam ment de faire du journalisme quand elle a débarqué à Paris, il y a une dizaine d’années. Aujourd’hui, plus qu’une dissuasion, elle soutient faire face à un frère qui menace de la «liquider même à distance», si jamais elle se mêlait de ses affaires. Pourquoi alors ? «Il se dit peut-être que je suis en train de gâcher son business», pense la sœur. En tous les cas, une chose est sûre ; ce ne serait pas une exagération de dire qu’entre le frère chroniqueur et la sœur politicienne, le torchon brûle.
Correspondant permanent en France
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