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lesoleil.sn - Ustensils domestiques : La calebasse et toutes ses « vertus » délaissées par la ménagère


Jadis considérée comme un ustensile multifonctionnel dans les foyers sénégalais, la calebasse a perdu son lustre d’antan. Ce récipient est, aujourd’hui, presque invisible dans l’entourage de nos ménagères. Elles préfèrent d’autres outils plus à la mode. Pourtant, l’histoire de la calebasse renvoie à nos us et coutumes.



lesoleil.sn -  Ustensils domestiques : La calebasse et toutes ses « vertus » délaissées par la ménagère
Dans la tradition sénégalaise, les calebasses étaient utilisées à plusieurs fins. Dans beaucoup de foyers, c’est dans ce récipient que l’on servait à manger, à boire et à conserver certains produits alimentaires. Même pour des achats de légumes et autres au marché, la calebasse était le fidèle compagnon de la ménagère. Maintenant, la donne a changé, on n’entend plus parler de « calebasse de la ménagère », mais plutôt de « panier de la ménagère ». Pour preuve, en ce jeudi matin, au marché Mbabass de Ben Tally, les femmes marchandent des légumes avec les vendeurs des étales. Elles sont venues un peu tôt pour être les premières à s’approvisionner en légumes de bonne qualité. Dans la foulée, on constate que sur la vingtaine de femmes que nous avons trouvées dans le marché, aucune d’entre elles ne porte de calebasse pour ranger ses achats. Elles ont toutes soit un seau, un panier, ou un sachet à la main.

A l’instar de Adama Diouf, femme âgée, élancée et tenant un seau remplie de légumes, qui confie : « je connais les bienfaits de la calebasse, mais je suis plus à l’aise avec le seau. Il est plus facile de tenir un seau rempli qu’une calebasse. C’est pourquoi je viens au marché avec un seau »explique-t-elle.

Marie Ndiaye, vendeuse de lakh (bouillie de mil arrosée de lait), trouvée à l’arrêt-car Ben Tally, ne partage pas l’opinion de Adama Diouf. Pour cette femme d’une quarantaine d’années, la calebasse est plus pratique et est recommandée par la tradition. « Moi, dans mon foyer, c’est mon ustensile domestique préférée. Et ce que vous ne savez pas, c’est que la calebasse fait prospérer tout ce qu’on met dedans, (lékèt dey law, littéralement, la calebasse est synonyme d’expansion) ». Pourtant son discours est en porte-à-faux avec ce que nous constatons sur son lieu de travail. Cette vendeuse de bouillie pour le petit-déjeuner, en cette période de Ramadan, sert à manger à ses clients dans des bols en caoutchouc ou en aluminium. Interpellée sur ce fait, la dame rétorque : « c’est vrai que je n’utilise pas de calebasse dans mon commerce parce que je n’en dispose pas en quantité suffisante. Il n’est pas facile de s’en procurer aussi du fait de sa rareté ».

Panier, seau et sachet plastique à la mode

A quelques encablures de là, une jeune fille est en train de disposer des calebasses sur une table. Approchée, elle se rétracte, en disant que c’est sa mère qui tient ce commerce. Sans tarder, elle l’avertit. Adama Sow, la vendeuse de calebasses, sort de la maison, elle est élancée, imposante et de teint clair. Elle reconnait que la vente de calebasse n’est plus tellement fructueuse. « Maintenant, se désole-t-elle, ce sont les paniers qui sont à la mode pour aller au marché. Dans les foyers aussi, on n’utilise pratiquement plus de calebasse ». A entendre la commerçante, les personnes qui achètent maintenant une calebasse ne le font pas toujours pour faire jouer à l’ustensile son rôle dans le foyer. « Les rares achats sont faits par des clients qui ont reçu une prédication religieuse leur ordonnant de prendre un bain mystique avec de l’eau contenue dans une calebasse. Il y a des commerçants qui achètent aussi les petites calebasses pour y mettre leur monnaie. Parce que, dit-on, tout ce qu’on y met va prospérer. Mais rares sont les achats pour usage domestique », explique la vendeuse.

L’origine des calebasses vendues est diverse. Selon la commerçante, la majeure partie de celles qu’elle vend sont importées du Mali, même s’il y a des calebasses venant du Fouta ou du pays sérère. Trouvée chez la vendeuse de « lakh », Mbissane Sène, la cinquantaine bien sonnée et visiblement ancrée dans sa tradition sérère, estime que c’est par mécréance que les Sénégalais veulent délaisser l’usage des calebasses. Dans la coutume sérère, ce récipient a une grande importance. Mbissane, originaire de la région de Fatick, révèle : « La calebasse est au début et à la fin de tout dans les pratiques sérères. Parce qu’à la naissance, on utilise ce récipient pour le bébé, au mariage, avant que la mariée n’entre dans son nouveau foyer, on sort la calebasse et, réciproquement, elle et son mari s’offrent à boire. A la mort aussi, la calebasse est sortie pour divers sacrifices ».

Soucis de modernité et obligation de se conformer à la mode font que beaucoup de jeunes méconnaissent l’utilité de cet ustensile. C’est le cas de Rougui Diallo, une fille de 16 ans rencontrée sur le chemin du retour du marché, munie d’un seau. Elle disqualifie la calebasse d’entrée. « C’est plus pratique soit de faire ses achats avec un seau soit avec un sachet en plastique. Avec le sachet, par exemple, tu peux aller au marché les mains vides et après, moyennant 25 à 100 francs, mettre tes denrées à l’intérieur ». Interpellée sur le fait que les calebasses font partie de notre tradition, elle rétorque : « les époques sont différentes, on ne peut plus se permettre d’aller au marché ou de manger dans ces genres de récipient. Cependant, quand on veut préparer le couscous, on utilise la calebasse ». Aby Diouf, à la porte du troisième âge, soutient que la calebasse ne pourra jamais être remplacée totalement par les ustensiles modernes. Parce que certains plats à base de céréale comme le couscous et le « thiakry » (variété de couscous arrosé avec du lait caillé), ne peuvent jamais être préparés dans ces bols en caoutchouc ou en aluminium, explique-t-elle. Mbissane, qui se dit être une adepte de la tradition et qui prône un retour à notre culture, ajoute : « même pour manger, je préfère le faire dans une calebasse. Au village, il y a des calebasses spécialement conçues pour ça. Elles sont différentes de celles qu’on voit en ville, elles sont plus dures et se cassent difficilement. Donc, il urge de faire une introspection sur nos coutumes et d’arrêter de faire du ‘copier-coller’ sur l’Occident », renchérit Mbissane.

Oumar KANDE (stagiaire)

http://www.lesoleil.sn/article.php3?id_article=63037

Vendredi 3 Septembre 2010 - 10:00
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1.Posté par Soda le 03/09/2010 11:26
Arrêter avec ses conneries! diamano dey changer, lékhete andana ak mam yi!

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Publié par ©++ Dakaronline.net le 16/12/2011 à 10:12 | 0 Commentaire



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