lexpress.fr - Laura Chinchilla: une femme à la tête du Costa Rica


Le Costa Rica a élu, dimanche, une femme à sa présidence. Une victoire rapide et dès le premier tour pour Laura Chinchilla, la candidate du parti au pouvoir. Elle s'inscrit dans la continuité de son prédécesseur et Prix Nobel, Oscar Arias.



lexpress.fr -  Laura Chinchilla: une femme à la tête du Costa Rica

La candidate du parti au pouvoir, Laura Chinchilla, a été déclarée dimanche soir gagnante de la présidentielle au Costa Rica par ses deux rivaux immédiats, dès le premier tour et sans attendre les résultats définitifs.

Cette politologue de 50 ans, qui devient la première femme à présider le Costa Rica, a aussitôt remercié son pays, dans un bref discours prononcé vers 22h15 d'une estrade, dressée dans la capitale, devant plusieurs milliers de partisans.

Victorieuse avant la fin du dépouillement

Otton Solis, le candidat de centre-gauche, avait reconnu sa défaite à l'annonce des résultats partiels qui le plaçaient en deuxième position. L'avocat de droite Otto Guevara, en troisième position après le dépouillement d'un peu plus de 40% des bulletins, avait "félicité" celle qu'il a appelée "notre présidente".

Chinchilla, héritière du chef de l'Etat sortant Oscar Arias dont elle a été la ministre et vice-présidente, était alors créditée de près de 47% des suffrages, soit plus de 20 points devant ses deux rivaux et au-delà de la barre des 40% nécessaires à une élection dès le premier tour.

L'abstention est évaluée à 33,43% des 2,8 millions d'électeurs inscrits, selon le Tribunal Suprême des Elections (TSE), un niveau assez comparable aux quatre derniers scrutins nationaux.


Présidente de paille?

Chinchilla briguait la présidence pour la première fois. Ses deux challengers en étaient à leur troisième tentative. Solis avait été battu de 1% seulement par Arias en 2006.
Le président sortant, 69 ans, Prix Nobel de la Paix en 1987 pour son rôle dans l'arrêt des guerres civiles en Amérique centrale, ne pouvait briguer un second mandat consécutif conformément à la Constitution, mais ses opposants jugent que Chinchilla est sa "marionnette".

L'issue du scrutin ne modifiera guère la ligne politique du pays. Le Parti de libération nationale (PLN) de Arias et de Chinchilla est officiellement social-démocrate. Mais pour Solis, qui a été ministre dans le premier gouvernement Arias (1986-1990), il a viré au centre-droit.

Un pays pacifiste bousculé par ses voisins

La "Suisse d'Amérique centrale", qui a décidé de ne plus avoir d'armée nationale après une guerre civile en 1948, demeure un îlot de paix et de prospérité dans une région au taux de criminalité élevé, secouée par le coup d'Etat du 28 juin au Honduras.

Il a toutefois découvert ces dernières années l'insécurité et la violence criminelle qui minent ses voisins. Chinchilla a ainsi fait de la criminalité et de la drogue les premières cibles de son discours, au même titre que la relance économique, après la chute du PIB de 1,3% en 2009 dans un pays qui a largement fondé sa prospérité sur l'afflux d'investissements étrangers.

Fête civique

Les sympathisants de tous les partis arboraient dimanche des tee-shirts et drapeaux aux couleurs de leur groupe politique. Les Costariciens vivent les journées de vote comme une fête, plus qu'un devoir. Les bureaux de vote étaient animés et les opposants se sont cotoyés amicalement. Ils n'ont pas manqué de se saluer ou d'échanger quelques paroles, sans animosité. La tradition veut également que les électeurs se rendent aux urnes après le déjeuner. Dès lors, à l'ouverture des bureaux, peu de monde se pressait aux portes. Ce n'est qu'en début d'après-midi que les files d'attente ont commencé à se former.

Certaines parties du pays n'étant pas très bien desservies par les transports, les trois principaux partis avaient mis des véhicules à disposition des citoyens afin de s'assurer de leur suffrage.

Deux cents observateurs internationaux répartis dans tout le pays ont surveillé le scrutin. Parmi eux, l'Organisation des Etats américains en avait dépêché 52, sous la houlette de l'ancienne ministre colombienne des Affaires Etrangères. Elle a déclaré à l'issue du scrutin qu'aucune anomalie n'avait été signalée. Les 2,8 millions d'électeurs, soit environ la moitié de la population, étaient également appelés à renouveler la composition du Congrès de 57 membres et la direction des municipalités.

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/amerique/laura-chinchilla-une-femme-a-la-tete-du-costa-rica_847358.html

Lundi 8 Février 2010 - 13:46
© dakaronline.net
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