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lobservateur.sn - Spéculation foncière et constructions irrégulières à Dakar : 1708 sommations et une vingtaine d'arrestations en 2009


Le phénomène des occupations et des constructions irrégulières, associé à la spéculation foncière, constitue une véritable menace sur la sécurité publique. En attestent les effondrements d'immeubles qui sont devenus fréquents à Dakar ; les inondations, conséquences de l'occupation anarchique des zones à hauts risques dans la banlieue et les risques d'affrontements entre communautés. Tels sont les principaux enseignements du dernier rapport d'activités de la Direction de la surveillance et du contrôle de l'occupation du sol (Dscos). Un rapport dont nous avons obtenu copie et qui fait état d'une vingtaine d'arrestations durant l'année écoulée pour des motifs liés au foncier.



lobservateur.sn -  Spéculation foncière et constructions irrégulières à Dakar : 1708 sommations et une vingtaine d'arrestations en 2009
Dans son rapport d'activités, publié il y a quelques jours, la Dscos manifeste son inquiétude face «au rythme soutenu des constructions» et de la spéculation foncière dans la région de Dakar. Si de nombreuses opérations d'envergure ont été menées pour mettre un terme à cela, force est de constater que la délinquance liée au foncier prend de plus en plus de l'ampleur. Rien que pour la brigade zonale de Dakar qui couvre uniquement le département de Dakar, 560 infractions sur le foncier ont été constatées et une dizaine d'arrestations effectuées.

Le fait le plus saillant pour cette brigade concerne sans nul doute la bande située à Ouest-Foire où la Dscos, renforcée par des éléments de la Légion de la gendarmerie d'intervention (Lgi), a procédé à des interpellations et à des opérations de démolition. Malgré tout, lit-on dans le rapport, les spéculateurs fonciers continuent obstinément de brader des terres et de construire dans des conditions irrégulières. Une attitude qui découle des «interventions intempestives de certaines autorités au profit de leurs protégés», note la Dscos qui prévient sur les conséquences de ces interventions.

En effet, ces sollicitations limitent considérablement l'action des contrôleurs et comportent des risques d'une justice à deux vitesses dans le foncier.

Les cas de Pikine et Guédiawaye

Dans ces deux localités couvertes par une brigade zonale, la spéculation foncière et les problèmes liés à l'occupation irrégulière du sol ont pris des proportions inquiétantes avec au total 489 sommations servies par la Dscos et 101 plaintes reçues par la structure. En parcourant le rapport de la Dscos on se rend compte que dans ces deux localités, les quartiers irréguliers poussent comme des champignons. Et le plus inquiétant c'est certainement ce quartier découvert aux abords du lac «Warouwaye» où les spéculateurs fonciers ont morcelé et vendu des terrains sans se soucier du danger que représente le lac avec des risques d'affaissement du sol et d'inondations. Là-bas, suite à un renseignement judiciaire, «des matériaux ont été saisis, des constructions démolies» en sus des arrestations. Un autre conflit lié au foncier et qui a marqué l'année écoulée c'est celui qui a opposé les sociétés «Diprom et Sosachim» qui revendiquaient chacune la propriété d'un terrain. Un conflit «arbitré» par la Dscos.

La situation à Keur-Massar, Mbao, Rufisque , Kounoune et Saly

Dans ces différentes zones (couvertes par la brigade zonale de Rufisque) la spéculation foncière et l'occupation irrégulière du sol sont surtout le fait de propriétaires dits coutumiers qui morcellent et vendent sans l'avis des services de l'urbanisme. Cependant le rapport de la Dscos note que le plus inquiétant porte sur l'obtention de l'autorisation de construire. Soit cette autorisation est délivrée de façon anarchique ou alors le prix à payer est très largement supérieur à ce qui est prévu par les textes. Et dans ce cas-là, c'est la ville de Pikine qui a remporté la palme «Dans certaines communes comme à Pikine, l'autorisation de construire peut coûter jusqu'à un million de francs Cfa contre cinq mille francs fixés par l'Etat», lit-on dans le rapport. Seul hic relevé dans le rapport : il n'est pas précisé si cette anomalie est le fait de l'ancienne équipe municipale dirigée par Daour Niang Ndiaye ou bien de la nouvelle équipe coachée par Benno.

Un autre fait inquiétant soulevé dans le rapport de la Dscos concerne la localité de Sangalkam où sur «la base d'une simple délibération, le conseil rural a attribué au niveau du Lac Rose une importante superficie à un promoteur immobilier privé qui y a construit des villas grand standing cédées à plusieurs millions de francs Cfa». Aucun service de l'urbanisme n'ayant été associé à cette opération.

Une perte considérable pour les services du Trésor public. Mais la grosse épine pour la Dscos se situe à la Zac de Mbao, devenue «un véritable bourbier pour l'administration en charge de piloter ce projet». C'est justement à la Zac qu'il a été mis fin aux agissements d'un des plus grands spéculateurs aujourd'hui décédé. Un décès qui n'a pas empêché des nervis recrutés par des familles léboues de continuer à s'opposer à ce grand projet immobilier de l'Etat du Sénégal. À verser également dans l'actif de la Dscos l'arrestation de l'ancien maire Demba Seck, accusé de spéculation, qui a finalement été blanchi par la justice. La localité de Kounoune n'a pas été épargnée. Là-bas ce sont des propriétaires de champs et de vergers qui se sont dressés contre un programme immobilier régulièrement approuvé par l'Etat. Il a fallu faire recours à la Dscos qui, par la brigade zonale de Rufisque, a prêté assistance à la Sicap/Sa pour le démarrage des travaux de terrassement sur le site de Kounoune.

http://www.lobservateur.sn/index.php?option=com_content&view=article&id=1414:speculation-fonciere-et-constructions-irregulieres-a-dakar-1708-sommations-et-une-vingtaine-darrestations-en-2009&catid=2:a-lindex&Itemid=5


Vendredi 14 Mai 2010 - 18:42
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Publié par ©++ Dakaronline.net le 16/12/2011 à 10:12 | 0 Commentaire



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