Le viol, un phénomène de société qui peuple quotidiennement les colonnes des journaux. Au tribunal régional hors classe de Dakar, il arrive pas de jour sans qu’on n’ait pas à juger au moins 5 cas de viol, lors d’une même audience de flagrants délits. La récurrence des cas devant cette juridiction de première instance, a même fini par se répercuter au niveau de la Cour d’appel, du fait du nombre croissant d’appels.
Marabouts, imams, enseignants, policiers, mendiants, père de famille, célibataire… les prévenus sont de toutes les catégories socio-professionnelles. Ils appartiennent à toutes les classes d’âge. Du jeune garçon de 20ans à l’octogénaire.
Face à l’ampleur du phénomène, un avocat avait, au sortir d’un procès pour viol lancé : « nous les hommes, sommes tous en sursis ». Le conseil ajoutait : « je n’ose même plus saluer une fille, au risque de me faire accuser de viol ».
L’inquiétude de cet avocat semble bien légitime au vu des contradictions et incohérences de certaines prétendues victimes, lors des audiences. Il est indéniable qu’il y a des filles victimes d’abus sexuels, mais comme le pensent d’ailleurs certains avocats, certaines jeunes filles ne répètent que ce que leurs parents leur ont dicté.
L’exemple le plus récent est celui de cette fille de 10 ans qui a accusé son maître coranique de l’avoir violée. A la barre, lorsque le juge lui demande « qu’est-ce ce monsieur vous a fait ? ». La fillette répond promptement : « il m’a violée ». Et lorsque le juge revient lui demande à nouveau ce qu’est un viol, elle rétorque : « je ne sais pas ». Le comble, c’est lorsque la fille a soutenu qu’elle n’a ressenti aucune douleur au moment où le prévenu, un quinquagénaire la pénétrait.
cette jeune fille n’était pas l’unique exemple au Temple de Thémis où certaines filles, âgées de moins de 10ans, ont eu à prétendre, avoir subi des abus sexuels, mais déclarent n’avoir pas ressenti ni douleur, ni constaté de traces de sang ou de sperme.
Et lorsqu’il ne s’agit pas « petites filles manipulatrices », comme le soutiennent souvent certains avocats, les victimes sont souvent des filles qui viennent d’atteindre l’âge de la puberté et qui cherchent un alibi, après avoir fait un rapport sexuel avant le mariage. Ce qui est naturellement contraire à la religion et à la tradition.
En effet, prises entre le marteau de la modernité (ou plutôt de la première expérience sexuelle) et le marteau d’un poids social qui prône la chasteté jusqu’au mariage, certaines filles n’hésitent pas à crier au viol, lorsqu’elles tombent enceintes ou que leurs parents découvrent qu’elles ne sont plus vierges.
Combien de fois a-t-on vu de garçons trainés dans la boue par les parents de leur petite amie ? En effet, avec la complicité des parents conservateurs, ces filles, pour justifier la perte de leur hymen ou leur état de grossesse, affirment dans leur plainte avoir été violées.
« Il m’a ligoté les deux mains, puis m’a contraint à des relations sexuelles. Après il a menacé de me tuer, si je le dénonce. C’est pourquoi, je n’ai rien dit à mes parents ». Cette rengaine est presque la même chez les victimes qui cherchent coûte que coûte à se faire passer pour des saintes face à leurs parents et /ou le voisinage venu assister au procès.
Il arrive même que parfois, qu’après avoir « envoyé » en prison, sur la foi de leurs accusations, le petit ami, ou l’amant occasionnel, certaines filles n’hésitent pas à faire le volte-face, n’en déplaise à leurs parents ou tuteurs. Si certaines deviennent muettes face au juge, les plus téméraires ou amoureuses, chargent leurs parents. « Je n’ai pas été violée. Ce sont mes parents qui m’ont demandé de charger mon copain, mais je l’aime », accusent souvent certaines victimes. D’ailleurs, il n’est pas rare de voir dans certains cas, le juge requalifier les faits de viol, en détournement de mineure ou attentat à la pudeur.
Et le pire dans ces histoires de viol « montées de toutes pièces », c’est lorsque les parents de la victime amoindrissent l’âge leur fille majeure, pour en faire une mineure. Même la fille mineure âgée de plus de 13ans, peut se retrouver en dessous de son vrai âge, grâce à un « jugement supplétif » de naissance effectué par les parents. D’ailleurs, certains magistrats préfèrent jouer la carte de la prudence, lorsqu’ils ont des doutes sur l’authenticité de l’acte de naissance. Ils vont même jusqu’à réclamer le carnet de santé de naissance de la victime.
La raison est toute simple car en matière de viol, le prévenu encourt une peine de 10 ans, si la victime est âgée de moins de 13 ans. Ou bien si le prétendu coupable est un ascendant ou a autorité sur la victime (chargé de son éducation ou serviteur, fonctionnaire ou ministre d’un culte...). Sans compter la sanction pécuniaire, puisque des parents cupides n’hésitent pas à réclamer des sommes faramineuses à titre de dommages et intérêts.
Loin de légitimer le viol, il est à noter qu’il y a des coupables d’un côté et des victimes dont la vie est aujourd’hui gâchée, puisqu’ils croupissent en prison pour de longues peines, suite à de fausses accusations. Même si le tribunal relaxe l’imam, l’enseignant, le policier, le père de famille… accusé de viol, le mal est dans tous les cas, déjà fait, il est même incommensurable. Accusé à tort, la personne est déjà une victime, puisqu’elle est vilipendée par une presse assoiffée de faits divers et fouineuse. Mais heureusement que les juges sont d’une grande vigilance !
http://www.nettali.net/Comment-sauver-la-race-des-males.html