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pelerin.info - Cinéma : Nelson Mandela à l’honneur


En salles le 13 janvier, le nouveau film de Clint Eastwood, Invictus, revient sur la naissance de la nouvelle Afrique du Sud – noire et blanche – lors de la Coupe du monde de rugby de 1995. Excellente occasion de rappeler le rôle de Mandela, figure symbole de la fin de l’apartheid, dans la réconciliation nationale.



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Le chemin a été long et douloureux. Lorsque Nelson Mandela naît le 18 juillet 1918 dans une famille royale xhosa (une des grandes ethnies d’Afrique du Sud), le pays est administré par les descendants des colons anglais. Ceux-ci pratiquent une discrimination raciale très forte à l’encontre des Noirs, des Indiens et des Métis qui forment la majorité de la population. Le jeune prince a le privilège de recevoir une éducation à la britannique dans une université « réservée aux indigènes », mais son esprit rebelle lui vaut l’exclusion. Avec un cousin, il part à Johannesburg, en plein boum économique. Là, Mandela rencontre Walter Sisulu, un agent immobilier très engagé dans la lutte pour les droits civiques des Noirs, au sein de l’African National Congress (ANC), une organisation déjà multiraciale. Auprès de Sisulu, il devient un brillant avocat, forge sa conscience politique : « Je n’ai jamais connu d’instant exceptionnel, pas de révélation, pas de moment de vérité, mais l’accumulation régulière de milliers d’affronts, de milliers d’humiliations, de milliers d’instants oubliés, a créé en moi une colère, un esprit de révolte, le désir de combattre le système qui emprisonnait mon peuple », écrira-t-il plus tard dans son autobiographie (1).

En 1948, un nouveau gouvernement, composé de conservateurs afrikaners (descendants de Boers, colons hollandais), érige la ségrégation en système politique implacable, étouffant le pays sous l’un des pires régimes de l’après-guerre, « l’apartheid ». C’est-à-dire « séparation » selon la couleur de peau. Pour avoir, en 1955, fait adopter par l’ANC une retentissante charte de la liberté pour « une Afrique du Sud démocratique et non raciale », Nelson devient un ennemi du pouvoir et doit entrer dans la clandestinité en 1961. L’ANC vote alors le recours à la lutte armée. Le 5 août 1963, Nelson Mandela et huit de ses camarades sont condamnés à la prison à perpétuité et non à la peine de mort, les autorités voulant éviter d’en faire des martyrs. Mandela va tenir bon en prison pendant… vingt-sept ans et cent quatre-vingt-dix jours. Bill Keller, rédacteur en chef du New York Times, qui vient de consacrer un ouvrage au leader noir (2), raconte comment durant ces interminables années de brimades et de travail forcé, « Madiba », comme on le surnomme affectueusement, reconstitue une direction clandestine de l’ANC et se tient au courant des manifestations qui secouent les townships.

1994, Mandela Président

À l’extérieur, sous la pression de sanctions économiques internationales et de l’évolution politique d’une partie de l’opinion blanche, le régime finit par chercher une solution. Le 2 février 1990, le nouveau président Frederik de Klerk décrète la levée de l’état d’urgence qui pesait sur les townships depuis trente ans, et la libération des prisonniers politiques. Le 11 février, Mandela est libre. Son rôle n’est pas fini : les élections de 1994 en feront le premier Président noir du pays. Inlassablement, Mandela va mettre tout son poids dans la balance pour assurer la réconciliation et appeler les Blancs à participer à la construction de la nouvelle Afrique du Sud. Après sa retraite, en 1999, il conserve son rôle de « sage », au-dessus des partis, n’hésitant pas à annoncer la mort d’un de ses fils du sida, alors même que le gouvernement ne veut pas entendre parler de cette maladie qui fait pourtant des ravages dans le pays. Depuis son 90e anniversaire, occasion de réjouissances nationales, l’homme, bien fatigué, apparaît de moins en moins en public. Mais pour le monde entier, le prix Nobel de la paix (1993) reste un « mythe vivant ».

http://www.pelerin.info/article/index.jsp?docId=2410401&rubId=9196

Mercredi 13 Janvier 2010 - 11:26
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Publié par ©++ Dakaronline.net le 16/12/2011 à 10:12 | 0 Commentaire