Pour y parvenir, le pays veut augmenter l’utilisation des énergies renouvelables afin de surmonter ses propres manques et promouvoir un grand programme international ayant pour but de mettre fin à la dépendance de l’Afrique de l’Ouest à l’égard des combustibles fossiles.
Au début juillet, les chefs d’Etat de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont appuyé la decision du président sénégalais Abdoulaye Wade de construire une série d’installations d’énergie solaire dans le Sahara visant à satisfaire les besoins de la région.
Le projet est né d’une présentation effectuée par M. Wade au sommet de Copenhague sur le climat en décembre dernier où il a affirmé que l’Afrique pourrait devenir un exportateur net d’électricité et satisfaire ses besoins énergétiques grâce à la construction d’installations capables de générer quelque 100 000 mégawatts d’électricité.
Selon le président sénégalais, un investissement de 350 milliards de dollars (d’après la première évaluation du projet) serait rapidement amorti et, au cours de sept ans, l’installation pourrait fournir à l’Afrique de l’énergie gratuitement.
De plus, M. Wade a parlé d’un avenir où le continent africain aurait encouragé une croissance rapide de développement économique. « Grâce à ce projet, l’Afrique rattrapera son retard », a-t-il expliqué aux délégués participant au sommet des Nations Unies.
Dans une déclaration publiée à la fin du sommet de la CEDEAO, qui a eu lieu le 2 juillet dernier au Cap-Vert, le président sénégalais a reçu le mandat de poursuivre la planification et les études de faisabilité « dans le but d’assurer l’autonomie de la communauté en termes d’énergie propre et bon marché ».
Les Etats membres de la CEDEAO ont été sommés de fournir l’information statistique qui permettra de mener à bien l’étude et d’aider les experts techniques et financiers afin de contribuer à la réalisation du projet.
La décision de la CEDEAO a suivi de près la ratification par le Parlement sénégalais de la loi visant à faciliter le déploiement, à l’échelle nationale, d’installations permettant de produire de l’énergie solaire et renouvelable.
A la fin juin, le Parlement a approuvé à l’unanimité la Loi d’orientation sur les énergies renouvelables, qui a trois objectifs principaux : assurer l’approvisionnement en énergie au moindre coût, réduire la vulnérabilité du pays aux aléas exogènes, notamment le prix du pétrole sur le marché international, et élargir l’accès des populations aux services modernes de l’énergie.
Afin d’atteindre ces objectifs, le gouvernement s’est engagé à développer et à exploiter le potentiel du pays dans les domaines du solaire, des biocarburants et des autres types d’énergie renouvelable.
Dans la mesure où le Sénégal ne produit pas de pétrole, il est essentiel d’exploiter les sources de combustibles non-fossiles, a déclaré au Parlement Thérèse Coumba Diop, l’ancienne ministre des Energies renouvelables, des Biocarburants et de la Pisciculture, après que la loi a été adoptée.
« La nature a doté le Sénégal d’énergie solaire, a-t-elle dit, nous avons un potentiel de 3000 heures d’ensoleillement que nous pouvons exploiter ».
Bien qu’il soit riche en rayonnement solaire, le Sénégal n’a pas su en tirer profit jusque-là. Actuellement, la production d’énergie renouvelable ne représente que 1% de la production totale du pays. Cependant, le gouvernement voudrait faire passer ce chiffre à 15% d’ici 2020 en soutenant le recours à une combinaison de sources d’énergie de substitution, soit l’utilisation à la fois de l’énergie éolienne, des biocombustibles et de l’énergie solaire.
Certes la nouvelle législation a été bien accueillie, mais on n’a pas obtenu de chiffres exacts ni concernant le montant qui sera versé dans le secteur de l’énergie renouvelable, ni concernant les délais relatifs aux investissements.
On a également suggéré de mettre en place des incitatives afin de s’assurer que les entreprises locales bénéficieraient de ce programme. Selon Abdoulaye Sené, le président de la Commission « Développement et aménagement du territoire », le gouvernement devrait engager des pourparlers avec le secteur privé et prévoir des mesures fiscales incitatives pour encourager les entrepreneurs sénégalais à participer aux projets.
Le gouvernement devrait également s’efforcer de promouvoir une plus grande utilisation de l’énergie renouvelable dans les locaux étatiques et installer du matériel solaire dans les bureaux, les écoles et les salles communautaires, a-t-il ajouté.
Bien que le gouvernement favorise les sources d’énergie solaires et renouvelables, son programme d’énergie de substitution ne satisfera qu’une partie des besoins énergétiques du pays. C’est pour cette raison qu’il a aussi exprimé son intérêt à construire une centrale nucléaire avec l’aide de la France. Les représentants du ministère de l’Energie avaient affirmé en mars dernier que cette centrale pourrait être fonctionnelle d’ici 2020.
Il est possible que l’énergie solaire soit une façon de résoudre certains des problèmes du pays, d’augmenter la capacité de production locale et de réduire la facture d’importations, mais il faudra des efforts continus du gouvernement et l’appui de partenaires étrangers pour que le soleil fasse croître l’économie sénégalaise et encore plus pour qu’il fasse croître celle de l’Afrique de l’Ouest.
La rédaction (source : Oxford Business Group)
http://www.reussirbusiness.com/9937-SENEGAL-DEVELOPPEMENT-ENERGIE.html