A l’image de ses pairs, Balla Ndiaye, un tailleur établi sur la corniche, pouvait encore en témoigner. « Franchement les délestages sont de plus en plus rares ces derniers temps. Mais, je ne me base pas sur la Senelec pour faire mon travail. Cette société m’a fait perdre beaucoup de temps à cause des coupures d’électricité ».
Balla Ndiaye porte tous ses espoirs à son groupe électrogène de 3,5 Kva qui devrait lui permettre de pouvoir terminer les marchés engagés. « Grâce à Dieu, je n’ai pas de problème avec mes clients car j’ai acheté ce groupe qui vient à mon secours lorsqu’il ya coupure », souligne-t-il, avant d’ajouter : « mon seul problème en ce moment reste la cherté du carburant en plus des factures qui sont restées les mêmes. Nous payons ce que nous ne consommons pas ».
A quelques encablures, Abou Mbaye, un autre jeune tailleur d’une trentaine d’années pouvait lui porter le même jugement envers la société d’électricité. « il y a eu des améliorations depuis la déclaration du ministre Samuel Sarr. Mais il y a encore beaucoup de progrès à faire dans le domaine de l’électricité. » Se mettant dans les habits d’un expert, Abou Mbaye n’en propose pas moins de solutions sur la question énergétique qui est essentielle pour sa profession. Yacine Fall, élève en couture chez Abou Mbaye s’est elle désolé du comportement de certains clients. « Nous sommes harcelés par les clients, surtout la gent féminine, qui ne se préoccupe pas des problèmes que nous endurons avec l’électricité », apprécie t-elle.
« Je me suis procuré un groupe électrogène qui est tombée en panne. Et puis, le groupe ne réglait pas le problème avec les hausses instantanées du prix du carburant », renchérit son employeur avant d’ajouter : « A chaque fois qu’il y a coupures, nous croisons les bras jusqu’au retour du courant. Si elle tarde à se rétablir, cela nous plonge dans un stress indescriptible avec l’approche de la fête de Korité », a ajouté Abou Mbaye.
Dans un autre atelier, on apprécie différemment les délestages. Ibrahima Ndao m tailleur n’en finit pas de se plaindre de la situation endurée. « Cela fait deux mois qu’une de mes machines s’est détériorée à cause d’un retour excessif de courant. Je ne sais pas où l’annoncer. Je vais essayer de toujours faire avec les moyens du bord » se désole-t-il,
Cette situation n’est pas sans conséquence sur le rapport entre les tailleurs et la clientèle. « Les clients savent ce qui se passe. Il arrive que les coupures les trouvent dans l’atelier à un moment où on était en train de finir leur commande. S’il y a certains qui peuvent comprendre, d’autres par contre te mettent la pression. », relève t-il. Il est conforté en cela par une cliente trouvée sur les lieux et qui manque pas de fustiger les réactions de certains de ses pairs clients. « Certaines personnes ne sont pas compréhensives, surtout quand on est devant le fait accompli. Mais il faut que les tailleurs se procurent d’un groupe électrogène afin de préserver sa clientèle », recommande t-elle.
Les tailleurs ne sont pas toutefois les seuls à vivre ce calvaires . D’autres secteurs tels que les menuisiers ébénistes et métalliques, les gérants de cyber et les meuniers souffrent de cette instabilité dans la fourniture d’électricité.
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