walf.sn - Galerie Arte : Un sculpteur, six peintres et des modèles bien de chez nousLe sculpteur Malobé Diop, les peintres Ibrahima Seck, Alexis Ngom, Daouda Bâ, Kara Fall, Assane Gning et Sayo Camara sont exposés jusqu'au 11 avril à la galerie Arte. Leurs œuvres s'inspirent de la société sénégalaise. Elles présentent les signares de Saint-Louis, les Linguères du Baol, les fiançailles sous l'arbre à palabre...
En hommage aux 350 ans de la ville de Saint-Louis, Malobé Diop a convoqué les Signares, métisses saint-louisiennes de la société coloniale qu'il a représentées dans une série de statuettes hautes de 45 cm. Figées dans le bronze, les sculptures du fils de Makhone Diop (le premier à introduire la fonte artistique et la technique de la cire perdue au Sénégal) sont exposées à la galerie d'art Arte jusqu'au 11 avril.
La signature graphique de Malobé Diop est empreinte de simplicité et de réalisme. Le menton haut, un éventail ou un cure-dent en main, la tête agrémentée d'un foulard imposant comme une couronne, les Signares sont un concentré d'élégance et de nostalgie. Ces belles dames d'une autre ère ne sont pas les seuls modèles conviés à l'expo. Dans le même style que les dames saint-louisiennes, les Linguères du Baol trônent également sur leur piédestal. Et comme pour accompagner ses reines et leur réserver un accueil à la mesure de leur majesté, Malobé Diop a donné corps à un vieil accordéoniste dansant. Le Cadeau de fiançailles (sous l'arbre à palabre) rayonne de sobriété. Dans un décor minimaliste, deux jeunes tourtereaux assis en tailleur se font face, se regardent les yeux dans les yeux. La contemplation est réciproque. Sur cette peinture sous-verre d'Ibrahima Seck la symbolique du don est liée au diaporama. Le soupirant offre à la vue de sa compagne un collier de perles blanc nacré. Quelques personnes forment un cercle autour d'eux. Le paysage, désertique, est décoré d'un unique baobab. L'assemblée se tient sur une vaste étendue sablonneuse. La scène baigne dans une tonalité jaune dorée qui évoque le Sahel. Le soleil est en fête. Ses nombreux rayons aux couleurs de l'arc-en-ciel rappellent vaguement une hélice d'éolienne. Il n'y a aucun nuage à l'horizon. D'autres peintures sous-verre, signées Alexis Ngom, empruntent des éléments à la société sénégalaise dans sa structure la plus large. L'artiste fait une plongée dans le monde du travail. Il reconstitue un atelier de menuiserie où les ouvriers finalisent une armoire et un lit. De même qu'il restitue une rupture familiale sur une toile intitulée Les Avocats, mettant en scène des protagonistes passionnés qui délibèrent à propos d'un divorce. Sur un autre tableau, un chasseur d'une autre époque porte une tenue traditionnelle et tient un arsenal archaïque. Une lance à double pointe, un arc et un carquois de flèches arment le guerrier qui, paradoxalement, n'a aucune velléité offensive. Les bras ouverts, comme dans l'attente d'une étreinte amicale, sa posture est plutôt apaisante. Cette peinture martiale semble exposer en filigrane la vanité de la violence. Les tableaux de Daouda Bâ font appel à une technique mixte, mélange de peinture et de bricolage. Il se plaît à représenter des façades de cabane avec, en arrière-plan, le ciel urbain, des antennes et des terrasses en béton. Daouda Bâ reconstitue les cabanes à l'aide de planchettes de bois qu'il colle sur la toile. Le rendu est plutôt original. Les œuvres de Kara Fall jouent sur une savante illusion d'optique. Le peintre utilise des pigments voisins: le beige, l'orangé clair et une pointe de blanc. De près, ses tableaux évoquent un amas de formes géométriques simples, des carrés, des spirales, des triangles qui nous sont familiers. Vues de loin ou sous un regard plus scrutatif, ses toiles figent des silhouettes imposantes, aux yeux et à la bouche démesurés.En fait ce sont des Masques dogons. Toutes les références de Sayo Camara nous sont familières. Ses tableaux s'intitulent La Potière, La Ménagère, Les Paysans. Cependant, l'osmose entre le signifiant et le signifié n'est pas flagrante car Sayo Camara esquisse les formes et évoque ses sujets. C'est un ‘abstraitiste’, à l'opposé d'un Assane Gning qui utilise des lignes simples pour donner un rendu caricatural à ses portraits. Assane Gning a peint La Famille : une mère et sa fille sont debout, l'une derrière l'autre. Protecteur, le père se tient à l'arrière, une main posée sur l'épaule de sa femme. Coiffée comme le philosophe Kocc Barma, leur fille se tient au premier plan. Assane Gning a aussi peint une Vendeuse de fleur, fière de son bouquet multicolore et La Récolte, une toile sur laquelle une dame garde une corbeille de fruits en équilibre sur sa tête. Exposition collective jusqu'au 11 avril à la galerie Arte, 5 Rue Victor Hugo Mohamed NDJIM http://www.walf.sn/culture/suite.php?rub=5&id_art=62931 Vendredi 19 Mars 2010 - 15:18
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