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walf.sn - Livre Critique : Cirque de Missira et autres nouvelles de Nafissatou Dia Diouf

Cirque de Missira est un recueil de nouvelles de Nafissatou Dia Diouf, jeune auteure, née en 1974 à Dakar. Chaque nouvelle, au total une quinzaine, renvoie d’ailleurs à l’Afrique de son enfance, à ses souvenirs, ou à la vie dans Paris ou sa banlieue, à travers une suite de portraits, quelquefois ironiques ou désabusés.



walf.sn -  Livre  Critique : Cirque de Missira et autres nouvelles de Nafissatou Dia Diouf
Dans Cirque de Missira, qui donne le titre à l’ouvrage, c’est lors d’une audition de chant qu’une jeune fille, Siga, éblouit son jury par son interprétation. Car ‘dans un monde anesthésié de codes et de convenances où elle a du mal à trouver sa place’, elle puise dans ses souvenirs d’enfance, la ‘sève tropicale’ pour donner le meilleur d’elle-même.
Masque Bassari est l’histoire d’une cruelle vengeance. Sakura, assistant d’un professeur proche de la retraite, se vengera de dix années d’humiliations subies auprès de ce supérieur ‘d’une fatuité incurable’. C’est quand le professeur daignera lui proposer de l’accompagner lors d’une dernière plongée sous-marine pour trouver le masque sacré enfoui sous la mer, que Sakura commettra son acte. Le dénouement est étonnant.

Mountaga est un marabout, ou du moins prétend l’être et, à Paris, il profite de l’hospitalité d’un compatriote, en se faisant héberger pendant trois mois avant d’être chassé. Profiteur, menteur, il ira jusqu’à proposer une combine extraordinaire à ses compatriotes pour téléphoner gratuitement au pays. Mais quand ils se retrouvent tous alignés devant la cabine téléphonique indiquée, la police vient les embarquer. L’histoire se termine non sans humour par cette réflexion du narrateur : ’Or, c’était bien là sa première prouesse de marabout, se dissoudre dans la nuit, nous laissant là à la merci de la flicaille parisienne.’

Amour, cupidité, trahison, haine, vengeance et passion ponctuent ce chapelet de nouvelles, pleines de réalisme et de sensibilité.

Rue de la Voie Perdue nous fait vivre la rencontre d’un homme et d’une femme, un amant et sa maîtresse qui lui a imposé de le revoir des années plus tard. C’est à travers des paragraphes vus par ‘Lui’ et par ‘Elle’ que l’on reconstitue l’histoire, mêlée à la fois du passé, de l’orgueil démesuré de la femme et de leurs doutes respectifs sur la réalité de cette rencontre. Elle ‘a toujours aimé être maître du jeu et déplacer les pions sur l’échiquier selon ses propres règles’ ; lui considère que ‘sans elle, il est rempli de cette sensation douloureuse d’incomplétude’. Dans cette histoire où l’amour s’avère un jeu dangereux, la femme perdra ses certitudes et se perdra elle-même.

Parallèlement au labyrinthe des passions humaines, aux portraits de personnages en proie à leurs sentiments, que ce soit en Afrique (Jusqu'à ce que l’amour nous sépare) ou dans la région parisienne (L’amour est à côté de toi) l’auteur présente aussi un état de la société sénégalaise, non à travers des portraits, mais à travers des situations : pauvreté, famine, corruption du pouvoir et des fonctionnaires, le fanatisme religieux, la place de la femme dans la société et la violence masculine acceptée comme un moindre mal….

Erreur fatale est à ce titre un joyau dans la concision et le constat impitoyable. Dans une région ravagée par la famine, un convoi de camionneurs chargé de vivres de première nécessité, arrive dans un village qui l’accueille à bras ouverts. Le chef du convoi ne distribuera les vivres qu’en présence du maire lors d’une cérémonie, car il est envoyé par le parti au pouvoir pour s’assurer de l’allégeance des habitants. Les villageois dépensent leurs dernières ressources pour fêter dignement leurs sauveurs.

Le lendemain matin, à l’arrivée du chef du village, le chef du convoi s’aperçoit qu’il s’est trompé de personne et de village. Tout le convoi repart aussitôt avec les vivres.

A la lecture de ces nouvelles, la vie apparaît comme un grand échiquier sur lequel les personnages se déplacent, jouent et perdent souvent. Nafissatou Dia Diouf convie le lecteur à ce jeu parfois cruel, non sans talent.

Vincente CLERGEAU

http://www.walf.sn/culture/suite.php?rub=5&id_art=67142

Mardi 7 Septembre 2010 - 11:07
Lu 1306 fois


1.Posté par Lune le 07/09/2010 17:13
Cette jeune dame est un exemple pour la jeunesse sénégalaise et surtout la gent féminine. Au lieu d'aller applaudir dans meeting politiques et faire des louanges
monnayées à un prix de misère, ou encore de préconiser l'égalité des sexe, faites comme cette dame discrète et travailleuse. En faisant une recherche sur elle je suis
tombé sur ce site http://www.nafidiadiouf.net/accueil.php

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Publié par ©++ Dakaronline.net le 16/12/2011 à 10:12 | 0 Commentaire