Entre autres activités recommandées par le rapport de la Cena d’ici les élections de 2012, il y a naturellement l’audit du fichier électoral. ‘Le fichier est un élément évolutif en ce sens qu’il accueille toujours de nouveaux membres lors des opérations de révision annuelle des listes électorales’, explique le document de la Cena. Il s’agit, ajoute la même source, ‘pour l’essentiel, de citoyens qui atteignent l’âge de la majorité électorale (18 ans) ou qui, tout en jouissant de leurs droits civiques, ne s’étaient jamais inscrits pour une raison ou une autre.’
Parallèlement, relève le rapport, ‘il doit être extirpé du fichier électoral les noms des personnes décédées (après production, par leurs proches, d’un certificat de décès) et des personnes frappées d’inéligibilité.’ La Cena souligne que la question du fichier fait l’objet de divergences constantes entre l’Administration et l’opposition. ‘Cette dernière a réclamé l’audit du fichier. L’Administration a donné son accord en février 2009 pour qu’il soit procédé à cet audit complémentaire du fichier portant sur les nouvelles inscriptions, modifications et radiations. Cette opération s’est déroulée sans incident majeur en présence de la Cena.’ La Cena rappelle que dans son message de nouvel an, délivré le 31 décembre 2009, le président de la République a formulé l’idée que le fichier électoral fasse l’objet d’un audit sous supervision étrangère. La représentation de l’Union européenne au Sénégal, contactée à ce sujet, a accepté de s’impliquer dans cette démarche. Dans cette perspective, elle a pris contact avec les diverses structures impliquées, dont la Cena.
Doudou Ndir et son équipe recommandent également une étude sur les Sénégalais de l’extérieur. En effet, estiment-ils, ‘une réflexion devrait être menée pour voir s’il est utile ou non de maintenir le principe du vote des Sénégalais de l’extérieur.’ Car, sur une population émigrée estimée à environ deux millions d’individus, seuls quelque 120 mille se sont fait inscrire en 2007. Et sur ces 120 mille inscrits, moins de 40 mille ont voté. A noter qu’ils ne votent que lors des élections générales (Présidentielle et Législatives). La Cena estime, en ce qui la concerne, que l’enveloppe financière qu’elle a consacrée à la gestion de la situation des concitoyens vivant à l’étranger a été trop élevée pour un résultat bien maigre.
Par ailleurs, indique toujours le document, le nombre de 200 électeurs inscrits devant être nécessairement atteint dans un pays pour que le scrutin y soit organisé, il pourrait être envisagé, au cas où le vote de ces compatriotes devrait être maintenu, des regroupements par pays voisins pour atteindre le quota nécessaire à l’ouverture d’un bureau de vote.
Dans le cadre des activités à mettre en œuvre, la Cena indique qu’il s’agira, de concert avec le ministère des Affaires étrangères et le ministère des Sénégalais de l’extérieur, d’œuvrer à améliorer le taux des inscriptions de nos compatriotes expatriés sur les listes électorales, mais aussi et surtout de les amener, une fois cette formalité essentielle accomplie, à remplir leur devoir de citoyen.
La Cena a également formulé des recommandations relatives au bulletin unique et donné son appréciation sur l’encre indélébile, moyen de contrôle du vote rejeté par une partie de l’opposition qui lui préfère le spray… (Cf. Rapport de la Cena sur les élections locales du 22 mars 2009).
Dans ce rapport, diffusé hier, Doudou Ndir et son équipe signalent qu’au cours de l’année 2009, la Cena a, une fois de plus, exercé ses activités et missions ‘en toute responsabilité en dépit des difficultés rencontrées.’ Elle a relevé que le cycle électoral ne comporte pas de périodes de pause et que toutes les parties prenantes ont un rôle à jouer et sont animées du souci d’améliorer les processus démocratiques dans notre pays. Pour cela, indique le document, il est indispensable que la Cena élabore ‘un plan stratégique d’activités à mener à chaque stade du cycle électoral’. Les superviseurs des élections estiment donc qu’il faudra ‘planifier avant d’agir, spécialement en matière financière, car sans argent il n’y a pas d’élection possible.’ La Cena souligne qu’il faudra ‘participer à la recherche d’un consensus entre les parties prenantes au processus électoral, surtout entre les partis politiques, pour éviter que le pays soit plongé en permanence en campagne électorale au lieu de s’adonner au travail productif.’
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